Drouet, Isabelle. – Causes, probabilités, inférences. – Paris : Vuibert, 2012. [En savoir plus]
Vendredi 10 février 2012, 10:30-12:30
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La réflexion philosophique sur les sciences de la vie et sur la médecine est aussi ancienne que ces sciences. Il n’est cependant guère possible de parler de « philosophie de la biologie » avant que le terme même de « biologie » n’ait émergé et ne se soit imposé comme terme générique pour l’ensemble des disciplines scientifiques ayant objet les phénomènes vitaux, dans leur ensemble et rien qu’eux, c’est-à-dire au début du 19e siècle. De fait, le premier emploi attesté du mot se trouve en 1840 chez le philosophe anglais William Whewell, à qui on doit aussi la création du syntagme « philosophie des sciences ». Cependant, jusque dans les années 1970, cette expression n’a guère été employée qu’épisodiquement, en langue anglaise, et pour signifier toute réflexion philosophique sur les sciences biologiques et médicales. D’autres expressions ont été employées indifféremment pour désigner la même chose : « épistémologie des sciences de la vie », « philosophie des sciences biologiques », etc.
Dans les années 1970, cependant, l’expression « philosophie de la biologie » en est venue à désigner de manière conventionnelle dans la littérature internationale un champ d’études ayant les caractères suivants :
Un domaine florissant s’est ainsi développé, d’abord en Amérique du Nord, Australie et Nouvelle Zélande, qui depuis la fin des années 1990 s’est massivement internationalisé.
En ce qui concerne la philosophie de la médecine, un mouvement comparable d’autonomisation comparable s’observe, qui aboutit à mieux distinguer qu’on n’a pu le faire dans le passé le questionnement philosophique et l’enquête historique. Cependant à la différence de ce qu’on observe en philosophie de la biologie, les questions épistémologiques et éthiques coexistent et se chevauchent souvent.
Ces clivages disciplinaires, il faut y insister, relèvent d’une exigence méthodologique en matière de recherche. En pratique, les individus et les institutions d’enseignement s’efforcent d’associer les cultures impliquées dans ces domaines.