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Causes, probabilités, inférences

Causes, probabilités, inférences

Drouet, Isabelle. – Causes, probabilités, inférences. – Paris : Vuibert, 2012. [En savoir plus]

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Philosophie de la biologie et de la médecine

Description du domaine

La réflexion philosophique sur les sciences de la vie et sur la médecine est aussi ancienne que ces sciences. Il n’est cependant guère possible de parler de « philosophie de la biologie » avant que le terme même de « biologie » n’ait émergé et ne se soit imposé comme terme générique pour l’ensemble des disciplines scientifiques ayant objet les phénomènes vitaux, dans leur ensemble et rien qu’eux, c’est-à-dire au début du 19e siècle. De fait, le premier emploi attesté du mot se trouve en 1840 chez le philosophe anglais William Whewell, à qui on doit aussi la création du syntagme « philosophie des sciences ». Cependant, jusque dans les années 1970, cette expression n’a guère été employée qu’épisodiquement, en langue anglaise, et pour signifier toute réflexion philosophique sur les sciences biologiques et médicales. D’autres expressions ont été employées indifféremment pour désigner la même chose : « épistémologie des sciences de la vie », « philosophie des sciences biologiques », etc.

Dans les années 1970, cependant, l’expression « philosophie de la biologie » en est venue à désigner de manière conventionnelle dans la littérature internationale un champ d’études ayant les caractères suivants :

  1. Quant au découpage disciplinaire, on a assisté à une claire dissociation des approches historiques et philosophiques. Ceci s’est traduit par une spécialisation importante des grandes revues internationales dans ces domaines (par ex. Biology and Philosophy, Journal of the History of Biology, organes majeurs illustrant les deux aspects), des collections d’ouvrages souvent disjointes (par ex. Cambridge series in Philosophy of Biology), des congrès et colloques souvent disjoints, et des enseignements différenciés. Cette dissociation est moins affirmée dans les productions individuelles, ainsi que dans la conception des diplômes. Les chercheurs, en pratique, gardent souvent un pied dans les deux espaces, tandis que les curriculums sont en général délibérément mixtes, les disciplines se complétant au niveau de la formation.
  2. On a assisté à une séparation semblable entre la philosophie de la biologie et la philosophie de la médecine. Mais là aussi, la frontière est souvent poreuse du point de vue des chercheurs individuels et des formations académiques, et il n’est ni possible ni souhaitable qu’il en soit autrement.
  3. La « philosophie de la biologie » au sens moderne est née d’une insatisfaction à l’égard de l’approche standard des théories scientifiques telles qu’elle a été développée dans les années 1940-1970 par la philosophie néo-positiviste des sciences. Les pionniers philosophes de la biologie ont eu en commun une insatisfaction relativement à un style de réflexion philosophique privilégiant l’idée qu’il y aurait une méthode scientifique unique, et un format recevable d’explication et de structure des théories coiffant toutes les sciences. Ces philosophes n’ont pas nécessairement été partisan de ce qu’on appelle couramment parmi eux la thèse de « l’autonomie des sciences biologiques » (certains sont des réductionnistes militants), mais ils sont été d’accord pour promouvoir et organiser un champ de réflexion philosophique spécifiquement axé sur les sciences de la vie, avec un intérêt marqué pour les méthodes, théories,  et concepts nouveaux effectivement développés par la biologie contemporaine.

Un domaine florissant s’est ainsi développé, d’abord en Amérique du Nord, Australie et Nouvelle Zélande, qui depuis la fin des années 1990 s’est massivement internationalisé.

En ce qui concerne la philosophie de la médecine, un mouvement comparable d’autonomisation comparable s’observe, qui aboutit à mieux distinguer qu’on n’a pu le faire dans le passé le questionnement philosophique et l’enquête historique. Cependant à la différence de ce qu’on observe en philosophie de la biologie, les questions épistémologiques et éthiques coexistent et se chevauchent souvent.

Ces clivages disciplinaires, il faut y insister, relèvent d’une exigence méthodologique en matière de recherche. En pratique, les individus et les institutions d’enseignement s’efforcent d’associer les cultures impliquées dans ces domaines.

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Dernière mise à jour : Jeudi 09 février 2012