Nous avoir le plaisir de vous informer que la soutenance de thèse de Frédérique Théry intitulée "L’importance biologique des ARN non codants : perspectives historique et philosophique", effectuée sous la… [En savoir plus]
Mercredi 19 juin 2013, 09:00-18:00
Atelier : Les espèces naturelles dans les sciences"
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75006 Paris
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Ancien doctorant
ATER, Université Paris 8 - Collège universitaire Français de Saint Pétersbourg
Le but de la thèse est de proposer une analyse et une définition nouvelle de la notion de guerre biologique, couramment restreinte – dans les définitions de l’OTAN et du Département de la défense des USA – au seul usage guerrier de micro-organismes pathogènes ou de toxines biologiques.
La question de la guerre biologique – et des moyens de s’en prémunir – a été, depuis le début du XXe siècle, principalement traitée comme un problème technique, dont l’enjeu politique est devenu, dans la période récente, le bioterrorisme. La nomenclature militaire contemporaine associe symétriquement la guerre biologique à l'armement biologique, une pratique à une technologie.
A travers notre perspective à la fois historique et critique, nous étendons la portée de ce concept problématique – car il mêle dans son énoncé les champs politique et biologique –, sur la base du fait que la guerre biologique a aussi été entendue depuis la fin du XIXe siècle comme une guerre populationnelle, c’est-à-dire ciblant des populations biologiques (C. Darwin, 1859 ; E. Mayr, 1958).
Nous soutenons ainsi que le XXe siècle fut marqué par un développement sans précédent des moyens techniques de mener la guerre biologique selon cette autre acception, en montrant que la biologie, la médecine, la chimie, la biochimie, l'agronomie et plus généralement l'ingénierie, ont été couramment mises au service de cette nouvelle forme de guerre à grande échelle, ciblant spécifiquement certaines caractéristiques des systèmes vivants – mais aussi d’écosystèmes –, par des moyens variés, incluant l’armement chimique – et dépassant largement le seul usage d’armes biologiques.
L'économie de la thèse consiste en une progression, d'une approche empirique ou historique, à une approche théorique. Cette progression n'est pas strictement régulière ni cloisonnée et permet d’attester historiquement l'existence des deux acceptions principales de la guerre biologique que nous avons mentionnées. Le volet critique ou philosophique de notre thèse est pluridisciplinaire, à l'image de la thèse dans son ensemble. Nous y mettons en valeur dans différents cadres d’analyse, les caractéristiques de la notion composite de guerre biologique. Notre thèse est composée de trois parties. Elle comporte en outre un chapitre initial portant sur les précédents historiques d’utilisation de micro-organismes – et d’autres êtres vivants – pour mener la guerre, ainsi que sur l’histoire de la légitimation des divers moyens de mener la guerre, depuis l’Antiquité.
Dans la première partie de notre thèse, nous étudions l’histoire du programme français d’armement biologique et chimique, depuis ses origines au début du XXe siècle jusqu’à son héritage actuel. Notre deuxième partie est un compte rendu historique de la guerre biologique à l'échelle internationale. Il a pour vocation d'identifier les traits communs – historiquement déterminés – et les divergences éventuelles entre les différents programmes de guerre biologique, dans les pays qui en ont poursuivi, au cours du XXe siècle.
Dans la dernière partie critique, nous articulons ce travail historique avec divers champs théoriques – moral et politique, évolutionniste et de philosophie de la biologie, ainsi qu’économique et géopolitique – qui nous fournissent un ensemble d’éléments convergents, nous permettant d’éclairer de plusieurs points de vue la notion de guerre biologique et d’appuyer notre définition populationnelle de cette notion.
| Axe de recherche : | Philosophie de la biologie et de la médecine |
|---|---|
| Directeur de thèse : | Gayon, Jean |
| Membres du jury : | Didier BAZALGETTE (Direction Générale de l’Armement, Examinateur) Patrice BRET (EHESS, Centre Alexandre Koyré - Chargé de recherche à l'IRSEM) Patrice BINDER (Médecin général inspecteur (2s) – Fonctionnaire de sécurité défense de l'INSERM, Examinateur) Pr. Jean-Claude DUPONT (Université de Picardie, Rapporteur) Pr. Jean GAYON (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Directeur de la thèse) Pr. Jeanne GUILLEMIN (Massachusets Institute of Technology - Boston College, Examinatrice) Pr. Henri KORN (Professeur honoraire à l'Institut Pasteur, Directeur de recherche émérite à l'INSERM, Membre de l'Académie des Sciences, Rapporteur) Pr. Michel MORANGE (École Normale Supérieure - Université Pierre et Marie Curie, Président du jury) |
| Soutenance : | Samedi 02 juillet 2011 |
| Inscription : | 2005 à Paris 1 |
URL : http://www-ihpst.univ-paris1.fr/43,etienne_aucouturier.html