Nous avoir le plaisir de vous informer que la soutenance de thèse de Frédérique Théry intitulée "L’importance biologique des ARN non codants : perspectives historique et philosophique", effectuée sous la… [En savoir plus]
Mercredi 19 juin 2013, 09:00-18:00
Atelier : Les espèces naturelles dans les sciences"
IHPST – UMR8590
13, rue du Four
75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 43 54 60 36
IST : +33 (0)1 43 54 94 60
Fax : +33 (0)1 43 25 29 48
Adresser un mail
Doctorant (2010-11-01 – 2014-10-30)
Dans son livre, Analogy of religion (1736), Joseph Butler fit la remarque devenue fameuse selon laquelle « La probabilité est le véritable guide de notre vie » (« To us, probability is the very guide to life »). Depuis, cette idée a reçu de nombreuses interprétations, et elle est encore discutée aujourd’hui comme en témoigne le livre récemment paru Probability is the very guide of Life : the Philosophical Uses of Chance (éd. Kyburg et Thalos, Open Court, 2002). La manière dont cette idée peut être comprise dépend de manière essentielle de l’interprétation du concept de probabilité. Par exemple, elle a été interprétée du point de vue de l’interprétation classique des probabilités, ou du point de vue de l’interprétation logique des probabilités (cf. Carnap, « Probability as a guide in life », 1947). Mais ces interprétations ont des limites bien connues, et mon travail se tournera de préférence vers les interprétations subjectives de la probabilité, qui semblent plus prometteuses aujourd’hui pour une réflexion sur le problème philosophique de l’induction et d’une théorie de la décision.
L’interprétation subjective définit la probabilité en termes de degré de croyance, ce qui peut s’entendre en une multiplicité de sens différents. Afin de clarifier l’usage possible des probabilités dans la prédiction et la décision (la probabilité comme « guide pour notre vie »), il me faudra, dans un premier temps, procéder à l’analyse des différents sens de l’interprétation subjective, en me référant aux travaux originaux de De Finetti et Ramsey, et à l’idée d’évaluation des croyances rationnelles sur la base des comportements au cours de paris, mais aussi en explorant la littérature plus récente et contemporaine sur ce sujet.
La croyance est un concept clef de l’interprétation subjective des probabilités. Il est essentiel de distinguer plusieurs sens de la croyance, d’être capable de définir ce qu’est une croyance rationelle, et de pouvoir distinguer des degrés de rationalité (rationalité au sens fort). D’une part, il y a des croyances sur lesquelles il est absurde de parier ; d’autre part, différentes études de psychologie ont pu montrer que par notre comportement usuel, nous violons fréquemment les règles de la rationalité (si celle-ci est mesurée par la conformité aux lois du calcul des probabilités). Mais il est essentiel de distinguer l’aspect psychologique et l’aspect purement logique de la question. Mes recherches porteront sur la définition de la rationalité des croyances.
Dans ce contexte, le problème de l’agrégation des jugements, auquel des travaux récents ont été consacrés, est particulièrement intéressant et pourra faire l’objet d’une partie de ma recherche. S’il existe un traitement purement logique de cette question, celle-ci peut également être envisagée du point de vue du calcul des probabilités : comment mesurer la rationalité d’une opinion qui résulte de l’agrégation de celle d’agents multiples ?
| Axe de recherche : | Décision, rationalité, interaction |
|---|---|
| Directeur de thèse : | P. Wagner |
| Inscription : | 2010 à université paris 1-panthéon sorbonne |