Nous avoir le plaisir de vous informer que la soutenance de thèse de Frédérique Théry intitulée "L’importance biologique des ARN non codants : perspectives historique et philosophique", effectuée sous la… [En savoir plus]
Jeudi 20 juin 2013, 09:30-12:00
Séminaire "PhilSci" : interventions sur les niveaux d'explication en physique
IHPST – UMR8590
13, rue du Four
75006 Paris
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Doctorant (2006-09-01 – ?)
Boursier Fondation des Treilles, Allocataire de recherche, Paris 1
Curriculum vitæ (135.88 Ko)
Résumé : Les expériences de pensée ont été utilisées par de nombreux philosophes et scientifiques. Celles-ci ont permis d'apporter des connaissances nouvelles sur leur domaine de recherche sans pour autant faire appel à de nouvelles données. Ainsi Galilée a-t-il imaginé une expérience de pensée dans laquelle il jette deux corps du haut de la tour de Pise afin de réfuter la théorie de chute des corps d’Aristote (certains affirment également que cette expérience de pensée lui a permis de présenter sa propre théorie sur la chute des corps). Einstein a lui aussi utilisé de nombreuses expériences de pensée pour ses théories de relativité et contre l'interprétation dite « de Copenhague » de la mécanique quantique. Les philosophes, quant à eux, font appel aux expériences de pensée dans la plupart des domaines : ils nous demandent d’imaginer ce qui ce passerait si notre cerveau était divisé en deux parties, s’il se trouvait dans une cuve, si les zombies existaient, si nous étions transportés dans notre sommeil vers un monde parallèle, ou si nous étions obligés d'être attaché pour neuf mois à un violoniste afin de lui sauver sa vie, etc. De ces situations fictives, ils tirent des conclusions sur l’avortement, sur le physicalisme ou le béhaviorisme, etc. La diversité de l’utilisation des expériences de pensée ainsi que son ancienneté n’a pas trouvé de reflet d’importance équivalente dans les réflexions des philosophes et historiens des sciences. A part Mach, Koyré et Popper -du début au milieu du XXème siècle- on peut dire que l’article de Thomas Kuhn, « La fonction des expériences de pensée » en 1964, a été le déclencheur de la période contemporaine de l’épistémologie des expériences de pensée. Ma thèse se divise en deux grandes parties. Dans la première partie j’analyse et je critique les approches épistémologiques contemporaines dominantes des expériences de pensée. Ces approches sont ce que je vais appeler des approches « indirectes », puisqu’elles consistent à définir les expériences de pensée à partir d'un autre outil de recherche scientifique, comme les arguments, les expériences réelles, les modèles....
Dans la deuxième grande partie de ma thèse, j'élabore ma propre approche épistémologique des expériences de pensée, c’est ce que j’appelle l’approche « directe ». Elle consiste à mettre au jour et à étudier les concepts et éléments constitutifs des expériences de pensée sans les réduire à d’autres notions comme dans l’approche indirecte. Pour aboutir à une approche directe, il faut analyser et isoler le fonctionnement interne des expériences de pensée, qui peut et doit être identifié pour toute expérience de pensée. Ainsi j’ai isolé trois étapes générales dans toute expérience de pensée. Quand un scientifique conduit une expérience de pensée :
1* il conçoit un scénario expérimental imaginaire dans son esprit afin de répondre à une question définie qui est généralement liée à une théorie spécifique.
2* suite à l'exploration du scénario, l’expérimentateur en pensée obtient un ou des résultat(s).
3* Enfin, de ce(s) résultat(s), il tire la, ou les, conclusion(s) de son expérience de pensée.
Ces trois étapes doivent être définies scrupuleusement ainsi que les concepts et notions qui les composent. En particulier, vu l’importance du scénario dans mon approche, il faut définir explicitement la notion de "scénario d’une expérience de pensée" ainsi que son pouvoir épistémique. Ainsi, mon approche consiste à comprendre le pouvoir épistémologique des expériences de pensée comme un outil en science (et philosophie) per se, en analysant la notion même d’expérience de pensée. Pour établir l’avantage de mon approche directe par rapport aux autres et pour montrer qu’elle prend en compte la diversité des expériences de pensée, j’analyse deux cas : le démon de Maxwell et la boîte à photons d’Einstein et je montre comment mon approche directe résout des problèmes que les autres approches ne peuvent pas résoudre, en particulier à propos du rôle des éléments impossibles (au sens large du terme) dans un scénario.
| Axe de recherche : | Philosophie de la physique et des systèmes complexes |
|---|---|
| Directeur de thèse : | Mosconi, Jean; Co-Directeur: Barberousse, Anouk |
| Inscription : | 2006 à Paris 1 |
URL : http://www-ihpst.univ-paris1.fr/123,rawad_el_skaf.html